Dans la soirée de lundi, les services de renseignement auraient relevé des indices d’actions coordonnées dans plusieurs localités. Après des consultations avec le commissaire de police et le National Security Service, le gouvernement a opté pour une mesure jugée exceptionnelle pour reprendre le contrôle.
Le couvre-feu instauré dans la soirée de mardi à Maurice s’appuie sur des renseignements faisant état d’actions coordonnées dans certaines régions et de l’implication présumée de trafiquants de drogue. Les autorités ont jugé la mesure nécessaire face à la multiplication des incidents et aux risques de nouveaux débordements.
Selon les informations recueillies par les autorités, les premiers éléments en ce sens remontaient à lundi. Les services de renseignement auraient alors relevé, dans certains endroits, des indices laissant penser que les incidents ne relevaient pas uniquement d’initiatives individuelles, mais pouvaient s’inscrire dans des actions coordonnées.
Des soupçons de financement ou d’encouragement de ces actions par des trafiquants de drogue auraient également été portés à l’attention des autorités. Ces éléments ont contribué à faire évoluer l’évaluation de la situation, d’une série de troubles localisés vers un risque plus large pour le maintien de l’ordre public.
À ce stade, ces liens présumés relèvent toutefois des renseignements dont disposent les autorités. Leur portée et leur solidité devront être établies par les enquêtes. La décision a été précédée de consultations, avec le commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, ainsi que d’une évaluation des informations transmises par le National Security Service (NSS).
Ces échanges visaient à apprécier l’évolution des troubles, les risques de nouvelles violences et la capacité des forces de l’ordre à maintenir la situation sous contrôle. Les renseignements recueillis ont constitué l’un des éléments pris en compte dans le choix de la réponse gouvernementale.
Le Conseil des ministres, réuni à 14 h 30 mardi au Bâtiment du Trésor, a consacré une partie importante de ses travaux à ce dossier. Selon les informations disponibles, la possibilité d’un couvre-feu était déjà envisagée dès le début de la réunion. Les discussions se sont ensuite poursuivies avant que la décision ne soit arrêtée. Au vu de l’évaluation sécuritaire, le couvre-feu a été considéré par les autorités comme une mesure extrême nécessaire pour tenter de reprendre le contrôle de la situation et prévenir de nouveaux incidents.
Lundi, plusieurs localités ont été touchées par des troubles, notamment des actes de vandalisme, des incendies et des attaques contre des biens publics. Des postes de police et des véhicules des forces de l’ordre ont également été pris pour cible.
