Auditionné par la commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », l’ancien directeur de l’Enseignement supérieur Abdoul Aziz Diouf affirme avoir découvert les irrégularités de la procédure après une alerte interne, avant de demander l’arrêt des paiements.
Directeur de l’Enseignement supérieur de 2024 à 2026, le professeur Abdoul Aziz Diouf a été auditionné par la commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». L’agrégé en droit affirme que, depuis le lancement du programme, les acquisitions se faisaient par avis à manifestation d’intérêt, conformément au manuel de procédures qu’il avait trouvé au ministère, alors que le programme nécessitait, selon les explications données lors de son audition, de passer par un plan de passation des marchés publics avec l’appel d’offre.
Selon lui, l’irrégularité lui a été signalée par le professeur Mame Penda Ba, après sa nomination à la tête de la Direction du financement des établissements d’enseignement supérieur (DFEES), en remplacement d’Aboubacry Niane. « Deux semaines après sa prise de fonction, elle est venue me voir dans mon bureau pour me dire de revoir le programme “Un étudiant, un ordinateur”, car ce qui est dit dans le manuel de procédures du ministère n’est pas légal », a-t-il expliqué, qualifiant le manuel de procédure de « grosse farce ».
Abdoul Aziz Diouf indique avoir ensuite demandé à la responsable de solliciter l’avis de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Après la réponse de cette dernière, qui aurait conclu à l’irrégularité des marchés concernés, il affirme lui avoir demandé de saisir l’organe de régulation, qui s’est alors saisi du dossier et a convoqué les responsables pour audition.
Le professeur soutient avoir pris l’initiative de mettre un terme à cette pratique en demandant l’arrêt des paiements du programme en cours, malgré les difficultés que cette décision aurait posées aux fournisseurs. « Je suis le premier directeur qui a mis un terme à cette affaire en demandant à ce que l’on arrête les paiements du programme en cours, même si c’était difficile à comprendre pour les fournisseurs », a-t-il déclaré.
