Depuis plus de 20 ans, Harry Poonoosamy fait de la musique, de l’humour et de la proximité avec ses auditeurs la signature de ses émissions. Depuis la France, Ganesh Mahadoo, de Brumath, en Alsace, reste connecté à Radio Plus.
Derrière les chansons, les blagues et les dédicaces, les émissions de Harry Poonoosamy sont devenues des rendez-vous partagés. Des couples y retrouvent leurs souvenirs, des travailleurs y trouvent un compagnon de journée et des auditeurs installés à l’étranger restent connectés à Maurice.
Une chanson qui rappelle les premières années d’un mariage, une devinette qui fait réfléchir pendant une séance de jogging, une plaisanterie qui arrache un sourire au milieu du travail… Les émissions de Harry Poonoosamy s’invitent dans des moments très différents de la vie quotidienne. Sur Radio Plus, « Memories », « Nostalgie » et « Fiesta Rigolo » réunissent des auditeurs autour de la musique, des souvenirs et de l’humour, mais aussi grâce aux échanges qui leur permettent de participer.
« Mon émission, c’est un moment de récréation pour l’esprit. J’aime faire rire mes auditeurs, mais surtout, c’est ce dialogue avec eux qui fait toute la différence », confie Harry Poonoosamy.
Cette place accordée aux auditeurs prend tout son sens dans « Memories » et « Nostalgie », où les chansons deviennent des passerelles entre le passé et le présent. Grand mélomane, Harry raconte être tombé très jeune dans la « marmite musicale », grâce notamment à ses parents et à sa tante Daisy. Dans sa famille, les 45-tours et les fêtes familiales occupaient une place importante. Aujourd’hui, cette passion pour les chansons d’hier nourrit des émissions dans lesquelles les souvenirs personnels trouvent un écho chez d’autres auditeurs.
Le dimanche matin, « Memories » replonge le public dans les tubes qui ont marqué plusieurs générations. Le mardi, « Nostalgie » associe chaque chanson à un souvenir raconté par un auditeur. « ‘Nostalgie’, c’est faire flotter l’émotion à travers un océan de souvenirs », résume Harry.
Pour Françoise Frappier, 77 ans, cette dimension est particulièrement présente. Après 60 ans de mariage avec son époux Alain, elle retrouve dans les chansons diffusées des fragments de leur histoire. Les émissions de Harry sont devenues « leur moment à eux », une manière de revivre l’époque où ils étaient jeunes et où ils commençaient à construire leur vie ensemble. Elle explique rire, chanter, danser et parfois même pleurer pendant l’émission.
La voix de l’animateur lui est si familière qu’elle le reconnaît sans même avoir besoin de le voir : « Je connais sa voix par cœur. » Pour elle, il ne fait pas qu’enchaîner les chansons. Il lui permet de « vivre l’amour avec un grand A » et de passer des moments « sans souci ». Une belle ironie pour cette habitante de Village Sans Souci.
Les souvenirs musicaux ne sont toutefois pas les seuls à rapprocher les auditeurs. Avec « Fiesta Rigolo », le rire et les échanges occupent le devant de la scène. Blagues, anecdotes, devinettes, parodies, chansons et conversations en kreol morisien composent un rendez-vous destiné à faire tomber le stress après une semaine de travail. Radio Plus avait d’ailleurs déjà présenté « Fiesta Rigolo » comme une émission destinée à détendre les auditeurs.
À 83 ans, Nallah Ameer, originaire de China Town et fondateur de l’orchestre Night Birds, écoute Radio Plus depuis ses débuts. Il apprécie particulièrement « Fiesta Rigolo » et « Nostalgie », qui lui permettent de « déborder de joie » et d’oublier ses soucis, même momentanément. Il va jusqu’à qualifier Harry de « joker » et de « gentleman », estimant que ses choix musicaux apportent une fraîcheur dans la vie quotidienne. Sa formule résume ce que représente cette parenthèse radiophonique : « Avek Harry, kan ou dan problem ou stres ale. »
Nandini Gunesh, 51 ans, partage cet attachement. À ses yeux, Harry est « un pilier et une véritable légende à la radio ». Au-delà de ses plus de 20 ans d’expérience, elle retient sa capacité à rester proche de toutes les générations. Son humour, sa créativité, son écoute et son dévouement pour faire plaisir au public ont, selon elle, « marqué des générations ». Elle conclut simplement : « Harry est une source d’inspiration pour nous tous. »
Le plaisir de participer ne s’arrête pas aux plaisanteries. Les devinettes permettent aussi aux auditeurs de solliciter leur réflexion. Murugan Chetty, qui apprécie particulièrement « Nostalgie » et les « oldies », aime ainsi les questions qui obligent à « faire travailler le cerveau ». La radio l’accompagne lorsqu’il est aux fourneaux dans sa pâtisserie ou lorsqu’il part faire son jogging. Il aimerait même que l’émission « Nostalgie » du mardi dure 30 minutes de plus, car il la trouve trop courte.
Pour Patrick Chung, maraîcher, cette présence se manifeste surtout pendant les longues journées de travail. Lorsqu’il doit rester tard pour préparer ses commandes, la voix de Harry l’accompagne. « Il nous rend le sourire avec les dialogues et nous fait réfléchir avec les questions », témoigne-t-il. Les morceaux rétro et les « oldies » lui permettent, eux aussi, de voyager dans le temps.
D’un couple qui replonge dans ses souvenirs à un maraîcher qui écoute la radio en préparant ses commandes, les usages diffèrent, mais la même place se dessine dans le quotidien : celle d’un rendez-vous qui accompagne, divertit et donne matière à échanger.
Cette proximité dépasse même les frontières mauriciennes. Le public de Harry s’étend jusqu’en Europe, au Canada, en Australie, à La Réunion et dans d’autres pays. Certains auditeurs installés à l’étranger adaptent leur rythme de vie pour retrouver ses émissions.
Une chanson peut être dédiée à un proche, un message adressé à une famille et une émission suivie à distance devenir un rendez-vous commun. Les auditeurs ne sont pas nécessairement réunis au même endroit, mais ils se retrouvent dans un univers qu’ils connaissent et partagent.
Détente, humour, interaction, dédicaces, musique variée et dialogues : Harry résume ainsi la philosophie de ses émissions. Les témoignages en donnent une illustration concrète. Les auditeurs ne viennent pas seulement écouter des chansons. Ils y retrouvent des souvenirs, prennent part aux échanges et partagent des moments avec leurs proches ou avec d’autres fidèles de Radio Plus.
Au fil des émissions, la radio devient ainsi un espace commun où les générations se croisent, où les souvenirs circulent et où des auditeurs, à Maurice comme à l’étranger, se retrouvent autour d’une même voix.
Claudio Barroero : un ténor entre tradition lyrique et émotion
Fidèle auditeur et admirateur de l’émission de Harry Poonoosamy, Claudio Barroero est lui-même un artiste dont la carrière est intimement liée à la musique. D’origine italienne, il commence le piano à l’âge de huit ans et obtient quelques années plus tard un prix de musique classique au conservatoire. Il poursuit sa formation au Conservatoire de Nice, notamment en harmonie, et travaille avec plusieurs personnalités du jazz et de la musique classique.
Sa carrière l’amène ensuite à composer ses propres mélodies, à développer sa voix de ténor et à se produire sur différentes scènes. Son premier enregistrement, consacré à des compositions romantiques, lui ouvre les portes de plusieurs médias, avec des diffusions notamment sur Nostalgie, France Bleu Azur et Radio Azur. Il apparaît également à la télévision, notamment sur France 2 et NT1.
Claudio Barroero s’est produit dans des lieux prestigieux, notamment dans des palaces de la Côte d’Azur et à bord de l’Orient-Express. Il développe parallèlement plusieurs concepts artistiques, dont Harp’s Voice, qui associe la voix de ténor à la harpe, ainsi qu’une formule en quatuor avec violon, violoncelle et harpe. Il dirige également deux formations chorales, La Chorale Vie en Chansons et La Chorale du Soleil, réunissant plus de 120 choristes.
Son parcours l’a conduit régulièrement à Maurice, où il compte un public fidèle. Il sera prochainement sur scène au Caudan Arts Centre, le 7 novembre à 19 h 30, pour une nouvelle rencontre avec le public mauricien.
Pour cet artiste qui évolue entre répertoire lyrique, musique populaire et traditions italiennes, la scène reste avant tout un lieu de partage et d’émotion. Une dimension qui explique sans doute aussi son attachement aux émissions de Harry Poonoosamy, où la musique devient, elle aussi, un langage universel.
Diana Rengasamy
