La Banque mondiale anticipe une croissance de 2,7 % pour Maurice en 2026, dans un contexte d’affaiblissement de la demande extérieure et de hausse des coûts. Inflation, dette publique, pauvreté : voici les principales projections présentées dans son rapport Macro Poverty Outlook, selon les éléments rapportés par Le Défi Quotidien du 23 octobre.
Quelle croissance est attendue ?
L’économie mauricienne devrait progresser de 2,7 % en 2026. La Banque mondiale prévoit ainsi un ralentissement, sur fond d’incertitudes mondiales, de hausse des coûts des intrants et de perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Il s’agit d’une prévision, et non du bilan définitif de l’année.
Quels secteurs seraient les plus exposés ?
L’industrie manufacturière, l’agriculture et la construction figurent parmi les secteurs exposés au ralentissement attendu. La progression des coûts de production et les incertitudes entourant les échanges internationaux pourraient peser sur leurs performances.
Le textile devrait notamment poursuivre son recul, dans un contexte de concurrence soutenue sur les marchés extérieurs.
À l’inverse, le tourisme et les services financiers devraient continuer à soutenir l’activité. Leurs perspectives restent toutefois soumises à un environnement international moins favorable.
Que prévoit la Banque mondiale pour les prix ?
L’institution prévoit une inflation de 4,7 % en 2026, alimentée notamment par la hausse des prix de l’énergie.
L’augmentation des coûts des matières premières et du transport devrait également renchérir les importations et accentuer les pressions sur les entreprises et les ménages.
Quelles perspectives pour les échanges extérieurs ?
Le déficit du compte courant devrait atteindre 6,8 % du produit intérieur brut (PIB).
Cette évolution s’expliquerait par le recul des exportations de biens et l’alourdissement de la facture des importations, malgré le maintien d’excédents au niveau des revenus primaires. La hausse des coûts pourrait aussi affecter la compétitivité des entreprises manufacturières.
Où en seraient les finances publiques ?
Les autorités prévoient de ramener le déficit budgétaire à 6,5 % du PIB en 2026. La stratégie repose sur une mobilisation accrue des recettes fiscales, une meilleure maîtrise des dépenses et des réformes destinées à améliorer l’efficacité du secteur public.
Les mesures évoquées comprennent une nouvelle tranche d’imposition sur les revenus élevés, une hausse des droits d’accise, une taxe sur les primes d’assurance et une limitation des déductions fiscales accordées aux entreprises.
Malgré ces efforts, la dette publique devrait se maintenir autour de 90 % du PIB, selon les projections de la Banque mondiale. Les réformes des retraites et les recettes attendues en lien avec les Chagos figurent également parmi les paramètres à surveiller.
Quelle évolution est prévue pour la pauvreté ?
Le taux de pauvreté devrait passer de 12,9 % en 2025 à 12 % en 2026, puis pourrait atteindre 9,8 % en 2028.
Ces estimations reposent sur le seuil de 8,30 dollars américains par jour, exprimé en parité de pouvoir d’achat de 2021.
La Banque mondiale associe cette évolution attendue à la progression des revenus dans le tourisme et les services financiers, malgré la rationalisation progressive de certaines prestations sociales.
Quels risques pourraient modifier ces perspectives ?
Un épisode El Niño pourrait réduire les précipitations et accentuer la chaleur, perturbant la production agricole et faisant pression sur les prix alimentaires.
Une prolongation du conflit au Moyen-Orient risquerait d’augmenter les coûts de l’énergie, des denrées alimentaires et du fret.
Des retards dans les réformes des retraites, des gains d’efficacité inférieurs aux attentes ou un décalage des recettes liées aux Chagos pourraient également freiner l’assainissement budgétaire. À l’inverse, un apaisement des tensions géopolitiques serait favorable aux perspectives économiques.
Source : Le Défi Quotidien du 23 octobre 2026, article consacré au Macro Poverty Outlook de la Banque mondiale.
