L’ancien directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène, a réagi aux accusations du député Thierno Alassane Sall concernant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le dossier ASER/AEE Power. Il affirme que l’initiative annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, porte plus largement sur les financements de Banco Santander au Sénégal et concerne trois projets dont les engagements contractuels cumulés atteindraient 227 milliards de FCFA.
Le débat autour du dossier ASER/AEE Power prend une nouvelle tournure. Dans une publication sur X, exploitée par Senego, Jean Michel Sène, ancien directeur général de l’ASER, a vivement contesté la lecture faite par le député Thierno Alassane Sall de la décision annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, concernant une commission d’enquête parlementaire.
Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko et sa majorité d’avoir refusé, depuis octobre 2024, la création d’une commission d’enquête sur le scandale présumé de l’ASER. Il leur reproche également de s’être appuyés sur l’article 53 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour empêcher les discussions sur le dossier, avant d’invoquer aujourd’hui ce même article pour ouvrir une enquête.
En réponse, Jean Michel Sène estime que le député fait preuve de « mauvaise foi ». Selon lui, la commission annoncée ne concerne pas exclusivement le dossier AEE Power, mais porte sur les financements de Banco Santander au Sénégal.
Trois projets et 227 milliards de FCFA d’engagements annoncés
L’ancien directeur général de l’ASER se félicite de cette perspective d’enquête et évoque trois projets financés par Banco Santander dans des secteurs différents.
Il cite d’abord le projet AEE Power, consacré à l’électrification rurale, pour lequel il avance un montant de 91,83 milliards de FCFA, avec près de 37 milliards déjà décaissés.
Le deuxième projet, Intermaq, concerne le secteur agricole. Selon Jean Michel Sène, il représente 85,5 milliards de FCFA, dont plus de 65 milliards auraient été décaissés au minimum.
Enfin, le projet Liteyca-Passant, dans le domaine du numérique, porterait sur 50 milliards de FCFA, avec plus de 19 milliards déjà décaissés, toujours selon ses chiffres.
Au total, Jean Michel Sène fait état de 227 milliards de FCFA d’engagements contractuels pour ces trois projets. Il affirme que les marchés présentent des similitudes dans leur fonctionnement et met en cause leurs conditions d’attribution et d’exécution.
Des accusations de surfacturation et d’irrégularités
Dans sa publication, l’ancien patron de l’ASER soutient que les trois projets feraient l’objet de surfacturations et que d’importants décaissements auraient été effectués en violation du Code des marchés publics.
Ces affirmations sont celles de Jean Michel Sène. Sa publication ne fournit pas, à elle seule, d’éléments documentaires permettant d’établir ces accusations.
Pour l’ancien directeur général de l’ASER, l’enquête doit permettre de déterminer les conditions d’attribution des marchés, les modalités de décaissement des fonds, les bénéficiaires des sommes engagées ainsi que les responsabilités éventuelles.
« Le peuple sénégalais mérite de savoir comment ces marchés ont été attribués, comment ces milliards ont été décaissés, qui en a bénéficié et quelles responsabilités doivent être situées », écrit-il.
Jean Michel Sène conclut en réclamant que toute la lumière soit faite sur ces dossiers, alors que le débat sur le périmètre de la commission d’enquête annoncée par Ousmane Sonko oppose désormais les deux responsables.
