Selon un témoin, le suspect aurait changé d’apparence.
Introuvable depuis la révélation d’abus sexuels présumés sur sa nièce et filleule de six ans, François Veckranges demeure « wanted » par la police. Plusieurs battues ont été organisées à Port-Louis et dans d’autres secteurs, sans résultat.
Où se cache donc François Veckranges, 36 ans ? Soupçonné d’abus sexuels sur sa nièce et filleule de six ans, il demeure introuvable malgré plusieurs battues organisées notamment à Bain-des-Dames, à Port-Louis. L’affaire a éclaté après la diffusion sur Facebook d’une vidéo dans laquelle la mère de l’enfant aurait reconnu son frère.
À Bain-des-Dames, mercredi soir, plusieurs volontaires ont sillonné les environs à moto et en voiture. Des habitants et des membres des forces vives ont notamment inspecté un cimetière, munis de lampes torches. Cette mobilisation, largement relayée sur les réseaux sociaux, n’a pas permis de retrouver le suspect.
Un habitant affirme l’avoir aperçu plus tôt dans une tabagie. « Li’nn vinn pran labiyer ek sigaret me pa ti kone li ki fer sa travay-la », raconte-t-il. Selon lui, François Veckranges se serait ensuite rasé le crâne. « Li’nn raz so latet net », précise-t-il. Ce même témoin affirme que le suspect aurait été localisé grâce au GPS de son téléphone portable, mais qu’il serait parvenu à s’échapper.
Un autre témoin assure l’avoir vu escalader le mur du cimetière mercredi soir, ce qui aurait conduit les volontaires à intensifier leurs recherches dans ce secteur. « Wit-er ziska enn-er dimatin res rode pa gagn li mem », relate-t-il. D’autres battues ont depuis été menées dans différentes régions de la capitale par des proches, des amis et des volontaires, toujours sans résultat.
La police et la Brigade pour la protection de la famille (BPF) poursuivent leurs investigations. Le 20 octobre, la police a reçu un signalement par l’intermédiaire de la hotline 113 concernant une vidéo montrant des actes sexuels présumés sur une mineure. Après avoir visionné les images, la mère de la fillette aurait reconnu son frère et soupçonné que l’enfant était sa fille. Interrogée par sa mère, la fillette lui aurait fait des révélations mettant en cause son oncle. Les autorités ont alors été alertées.
Selon l’entourage familial, les faits présumés se seraient produits alors que la mère avait confié sa fille à son frère pour se rendre à l’hôpital. À son retour, elle n’aurait rien remarqué d’anormal.
Mercredi 21 octobre, une équipe du Family Support Service, accompagnée de la BPF, s’est rendue au domicile familial afin de rencontrer l’enfant, sa mère et des proches. Lors d’une évaluation psychologique, la fillette aurait évoqué plusieurs épisodes d’abus sexuels présumés.
La fillette bénéficie depuis d’un accompagnement psycho-logique. Les autorités veillent à ce qu’elle puisse être entendue dans des conditions adaptées, en présence de ses parents et de psychologues. La Première ministre adjointe et ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a appelé le public à cesser de diffuser les images montrant les actes présumés.
Dans le faubourg de la capitale où réside l’enfant, l’affaire a provoqué une vive émotion. Sa mère, âgée de 24 ans, serait profondément affectée. Une proche, qui affirme que l’oncle avait l’habitude de rendre visite à la fillette, peine à comprendre ce qui aurait pu se produire au sein de la famille. « Li ena sizan. Pa ti atann enn zafer koumsa de enn pros mem dan la fami. Tou dimounn sirpri par seki fi’nn arive », confie-t-elle.
Malgré le choc, la fillette continue de parler et de jouer, selon cette proche. « La petite va bien. Elle parle, elle joue, mais quand elle voit des policiers, elle a peur », explique-t-elle. Une cousine décrit également l’état de la mère : « Mama-la boulverse. »
Des démêlés avec la justice depuis 2012
François Veckranges a déjà été condamné à plusieurs reprises. Des décisions judiciaires rendues entre 2013 et 2014 font état d’affaires de vol, de recel et de complicité.
L’une des premières affaires remonte au 15 novembre 2012. François Veckranges et un complice avaient agressé trois étudiants à Rose-Hill avant de leur dérober plusieurs objets, pour un préjudice estimé à Rs 13 000. Le 22 mars 2013, le tribunal de Rose-Hill lui avait infligé une amende de Rs 5 000, assortie de Rs 100 de frais.
Trois jours plus tard, le 25 mars 2013, il avait été reconnu coupable de vol avec effraction et de possession d’objets volés par le tribunal de Port-Louis. Cette affaire concernait un amplificateur et deux haut-parleurs dérobés dans une maison à Tranquebar, après qu’un cadenas a été forcé, entre novembre et décembre 2012. La cour lui avait infligé une amende de Rs 7 000, assortie d’une condition de bonne conduite pendant deux ans. En cas de non-respect, il risquait un mois d’emprisonnement.
En avril 2013, il avait écopé d’une nouvelle amende de Rs 2 000, assortie d’une condition de bonne conduite, dans une affaire de vol avec violence et de possession d’objets volés. Il était également poursuivi pour complicité dans un vol commis à Ébène.
En juillet 2014, la cour intermédiaire l’avait condamné à 18 mois de prison pour vol et séquestration.
