Lors d’une conférence de presse gouvernementale consacrée au climat social, le ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé la poursuite des paiements dus aux entreprises. Une enveloppe de 300 milliards de francs CFA est prévue pour 2026, après 490 milliards versés en 2025.
Ces versements s’inscrivent dans un passif bien plus vaste : le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô chiffre à 1 956 milliards de francs CFA le total des arriérés de paiement de l’État. Ces retards freinent l’activité et fragilisent particulièrement les entreprises qui dépendent des règlements publics. Le chef du gouvernement entend faire du paiement progressif de ces sommes une priorité, estimant que le respect des engagements financiers de l’État est aussi nécessaire à sa crédibilité auprès de ses partenaires publics et privés.
Les paiements aux entreprises au Sénégal doivent notamment aider celles qui rencontrent des difficultés de trésorerie. Les retards de règlement de la commande publique peuvent peser sur leur activité, leurs investissements et leur capacité à préserver les emplois, a souligné le ministre. La Confédération nationale des employeurs du Sénégal, qui rappelle que le secteur privé représente près de 90 % des emplois, s’est dite prête à contribuer à l’Agenda Vision Sénégal 2050 et à ses projets catalytiques. Elle lie toutefois cet engagement à un apaisement institutionnel et à la résolution rapide des obstacles qui étranglent les entreprises, alors que leur trésorerie se fragilise.
Cette annonce s’inscrit dans les efforts de soutien aux employeurs que Bassirou Sarr dit engagés depuis deux ans. Il a présenté le soutien aux entreprises comme un levier de la politique de l’emploi, en complément des mesures visant à renforcer les services publics. L’APS rapporte que le ministre a également rappelé les contraintes budgétaires auxquelles le pays doit faire face.
Bassirou Sarr a aussi fait état d’un appui supplémentaire de 269 milliards de francs CFA au règlement des arriérés.
