Douze personnes sont poursuivies en cour intermédiaire pour non-respect du couvre-feu.
Dans leurs dépositions à la police, plusieurs prévenus ont justifié leur présence dans les rues en pleine nuit.
La poursuite a achevé, ce lundi 19 octobre 2026, l’audition de ses témoins dans le procès de 12 personnes poursuivies en cour intermédiaire pour non-respect du couvre-feu. Les prévenus témoigneront le 21 octobre, avant les plaidoiries des avocats des différentes parties.
Au total, 19 témoins ont été appelés à déposer lors de l’audience présidée par la magistrate Shefali Ganoo-Arekion. Ils ont confirmé que des perturbations et des incidents s’étaient produits dans les localités où les prévenus ont été arrêtés.
Dans leurs dépositions respectives à la police, lues et produites en cour, les douze hommes ont reconnu leurs torts et présenté leurs excuses. Arrêtés à Bambous, Mohammad Zuhell Fakermahamood et Louis Jason Evans Plaignant ont expliqué les raisons de leur présence dans les rues. « Mo ti pe marse mo ti pe al tir kas ATM », a déclaré Mohammad Zuhell Fakermahamood à la police. Louis Jason Evans Plaignant a, pour sa part, indiqué qu’il se rendait à la boulangerie pour se procurer du pain aux alentours d’une heure du matin, le 14 octobre 2026.
À Quatre-Bornes, Dario Patrick Gregoire a été arrêté alors qu’il marchait avec un ami. Dans sa déposition, Paul Lorenzo Francisco Carolin a déclaré : « Mo ti malad, mo’nn sonn SAMU trwa fwa, zamw zot ti vini. Mo ti nepli kapav mo’nn desid pou al marse lopital. »
Bien qu’il ait été au courant du couvre-feu, Joseph Joey Enzo Denis n’a pas pu fournir d’explications quant à sa présence dans les rues de la ville des fleurs à 01 h 44 du matin. Ellvin Purmessur a, lui, affirmé dans sa déposition : « Mo pa ti kone ki pa gagn drwa marse sa ler la. »
À Plaine-Verte, Louis Warren Marvine Emmanuel L’Enclume a été repéré par les policiers vers 00 h 23, alors qu’il marchait en compagnie de quatre amis. Les cinq hommes se sont dispersés à la vue de la police. Il a soutenu : « Mo pa ti kone ki ena ‘couvre-feu’. »
Trois des douze prévenus sont représentés par des avocates. Me Naina Dreepaul défend Rishvant Alhodur, tandis que Mes Deepshikha Nathoo et Heema Dawoonauth représentent respectivement Louis Jason Evans Plaignant et Louis Warren Marvine Emmanuel L’Enclume.
La poursuite est assurée par Mes Jean Michel Ah-Sen, Senior Assistant Director of Public Prosecutions, Kevin Moorghen, Principal State Counsel, et Sannidi Pillay Paupoo-Nallee, Senior State Counsel.
« Pa le al dan prizon »
Des proches de certains prévenus se sont rendus au tribunal hier. Ils n’ont toutefois pas été autorisés à accéder à la salle d’audience No 8 et ont dû patienter à l’extérieur. À l’issue de l’audience, ils ont tenté d’entrer en contact avec les prévenus, mais ces derniers ont été conduits au véhicule de police, le « black maria », sous forte escorte policière. Avant de quitter les lieux, certains prévenus ont supplié la magistrate Shefali Ganoo-Arekion de ne pas les envoyer en prison.
« Votre Honneur, mo ena fami, pa met nou dan prizon, met nou dan cell », a crié l’un d’eux, repris par d’autres. Leur requête n’a pas été accueillie.
Scie, cagoule et sac saisis
Lors de l’arrestation de Muhammad Umar Shamtally à La Gaulette, le 13 octobre 2026, la police a saisi une scie, une cagoule et un sac. Ce lundi 19 octobre 2026, ces pièces à conviction ont été produites en cour. Toutefois, l’habitant de La Gaulette a nié qu’il était en possession de ces articles. « Mo pa dakor ar sa, sa ler-la pa ti ena nanye ar mwa », a maintenu Muhammad Umar Shamtally du banc des accusés. Et d’ajouter :« Bann-la pa’nn poz kestion, zot inn trap mwa zot inn bate pou fer mwa aksepte. »
