Les autorités appellent à l’apaisement, mais les syndicats maintiennent leur appel à la grève du 21 au 23 octobre. Dans le même temps, Pastef menace de bloquer la loi de finances rectificative (LFR), plaçant le président Bassirou Diomaye Faye sous pression sociale, politique et budgétaire.
Cette tension politique s’inscrit dans des divergences déjà assumées entre le chef de l’État, Pastef et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Lors d’un entretien télévisé accordé à trois chaînes, Bassirou Diomaye Faye a fait le point sur la situation économique et exposé ces désaccords, relançant les débats au sein du pouvoir. Les dissensions avaient notamment éclaté après sa décision de désigner Aminata Touré à la tête de la conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, en remplacement d’Aïda Mbodj.
Les grèves syndicales s’inscrivent dans un conflit autour d’accords signés, dont certains remontent à la présidence de Macky Sall. Les travailleurs demandent leur application au nom de la continuité de l’État. L’analyste politique Ibrahima Bakhoum avertit que des engagements sans calendrier d’exécution peuvent nourrir de nouveaux mouvements de contestation.
La marge de manœuvre du gouvernement est limitée par une dette proche de 130 % du PIB. Les intérêts et commissions sur la dette publique atteignent 1 303,9 milliards de francs, selon les chiffres rapportés par senenews. Les syndicats savent que l’exécutif a besoin de stabilité pour assurer les services publics et conduire son action, estime Ibrahima Bakhoum.
La menace de blocage de la LFR vient d’Ousmane Sonko, dont le parti est majoritaire à l’Assemblée nationale. Il demande que le texte protège le pouvoir d’achat, assure la viabilité de la dette sans restructuration et encadre les crédits spéciaux. Sans adoption, les ajustements budgétaires prévus ne pourraient pas entrer en vigueur.
L’économiste Souleymane Keïta explique que la LFR vise à corriger un déficit de 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement prévu. Il l’associe à la hausse des subventions énergétiques, passées de 250 à 790 milliards de francs CFA, et à la baisse des recettes fiscales. Sans cette loi, ajoute-t-il, l’État risquerait des découverts de trésorerie et des retards de paiement. Bloomberg rapporte également une baisse des obligations sénégalaises en dollars après la sortie de Sonko.
Le programme conclu avec le FMI le 1er septembre 2026 porte sur 2,2 milliards de dollars sur 36 mois et reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration.
