Le projet de loi de finances rectificative 2026 prévoit 555 milliards de FCFA de moins pour les investissements de l’État, tandis que le remboursement du principal de la dette dite cachée augmente. Le mouvement anti-impérialiste FRAPP demande des éclaircissements sur cette hausse, selon lactuacho, alors que l’origine et l’ampleur de cette dette restent au cœur d’investigations et de débats politiques.
Le montant prévu pour le remboursement de la dette cachée passe de 516,32 milliards de FCFA dans le budget initial à 629,12 milliards dans le projet rectificatif, soit 112,8 milliards supplémentaires. Le FRAPP réclame des éléments détaillés sur les créances concernées et leurs bénéficiaires. Il relève que les intérêts restent fixés à 78,92 milliards de FCFA dans les deux documents budgétaires, alors que le principal augmente.
Cette dette a été révélée par l’audit des finances publiques portant sur la période 2019-2024. Le FRAPP a interpellé le Procureur de la République financier et demandé au Pôle judiciaire et financier des nouvelles de l’enquête confiée à la Division des investigations criminelles. Pour le mouvement, l’identification des créanciers et la clarification de l’origine des sommes sont d’autant plus urgentes que le PLFR prévoit désormais un remboursement plus élevé.
La controverse dépasse aussi le débat budgétaire. Vingt-quatre heures après l’accord financier de 1 243 milliards de FCFA conclu entre le Sénégal et le FMI, le député de la majorité Amadou Ba a annoncé une enquête parlementaire sur la dette cachée. Il a avancé le chiffre de 7 000 milliards de FCFA, qu’il présente comme supérieur au budget annuel de l’État. Cette annonce renforce les demandes de transparence sur les montants en jeu et sur les responsabilités éventuelles.
Le FRAPP demande également la publication du rapport du cabinet Mazars associé à cette dette. Il veut connaître les banques locales concernées et les raisons ayant conduit le gouvernement à revoir le montant à rembourser. L’organisation appelle les députés à faire de ces questions un point prioritaire des discussions sur le PLFR 2026 et réclame des réponses documentées avant le vote des crédits supplémentaires.
Le mouvement conteste par ailleurs la révision à la baisse des recettes budgétaires, diminuées de 340,1 milliards de FCFA, soit 5,5 %. Il estime que les choix du budget rectificatif relèvent d’une politique d’austérité et met en cause leur lien avec l’accord technique conclu avec les services du Fonds monétaire international.
Assainissement, infrastructures, transports et éducation figurent parmi les secteurs que le FRAPP estime fragilisés par les réductions de dépenses. Le mouvement s’interroge notamment sur la baisse des moyens destinés à l’assainissement, alors que le pays connaît des inondations récurrentes. Il relie aussi ces arbitrages aux revendications des travailleurs et aux grèves des centrales syndicales.
Dans le PLFR 2026, le service de la dette est porté à 5 801,38 milliards de FCFA.
