SENEGAL-AGRICULTURE
Fatick, 23 oct (APS) – Le préfet du département de Fatick (centre-ouest), Papa El Hadji Madické Dramé, a présidé, vendredi, le démarrage des travaux d’un atelier portant sur la mise en place d’un label de certification qualité “mil agroécologique de Fatick”.
Cette initiative entre dans le cadre du développement de la filière mil dans le département de Fatick, où les acteurs de la chaîne de valeur intervenant autour de la production, de la transformation, de la distribution et de la commercialisation du mil ont engagé une dynamique visant à mettre en place un label de certification qualité agroécologique.
Elle répond à la nécessité de valoriser les productions locales, d’améliorer la qualité des produits, de renforcer la traçabilité et d’accroître l’accès à des marchés rémunérateurs.
Citant une étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV), Amadou Kanouté, a indiqué que dans la région de Fatick, 87 896 hectares emblavés sont destinés à la culture de mil.
Cette superficie représente 83 % des terres utilisées pour la culture de mil, pour une production annuelle de 77 958 tonnes, d’après M. Kanouté, faisant référence à une étude de l’ANSD de 2024.
”Cela traduit toute la place qu’occupe le mil dans le département de Fatick. Et c’est pourquoi AGRIDEV (Société agriculture et développement) et l’ISRA (Institut sénégalais de recherches agricoles) ne se sont pas trompés en plaçant le mil comme un produit d’intérêt territorial. Et il nous faut préserver ce patrimoine économique, culturel et social. Il nous faut travailler à sécuriser ce produit pour en assurer la production durable”, a-t-il insisté.
Pour le directeur exécutif de la CICODEV Afrique, la bataille, c’est de préserver la filière mil, mais aussi d’en assurer une consommation durable, faire en sorte que quand on le produit, qu’on puisse le consommer. C’est la voie pour la souveraineté alimentaire, a-t-il fait valoir.

“Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons, c’est la première piste pour aller vers la souveraineté alimentaire. Et pour assurer cette durabilité tant dans la production que dans la consommation, on mise sur l’agroécologie”, a poursuivi Amadou Kanouté.
Il affirme que les chercheurs s’accordent à dire que désormais, avec les changements climatiques, si les températures continuent à augmenter jusqu’à atteindre 2 degrés, la production alimentaire en Afrique subsaharienne — le mil, le riz, le maïs, le sorgho — va baisser de 40 % d’ici 2050.
”Si les températures augmentent jusqu’à 2 degrés, la production alimentaire va baisser de 40%. Mais pendant que la production alimentaire va baisser de 40%, la population va augmenter de 50%. Voilà l’enjeu ! L’agroécologie permet de planter des arbres, de cultiver, de créer un environnement qui se renouvelle de lui-même et qui protège le climat”, a-t-il soutenu.
“L’arbre joue un rôle de photosynthèse qui fait que l’arbre capture les gaz à effets de serre qui, autrement, s’élèvent pour aller augmenter le trou d’ozone. En augmentant le trou d’ozone, le soleil darde encore plus fortement ses rayons sur la terre et augmente la température”, a poursuivi M. Kanouté.
Il a insisté : “Donc, si vous voulez que les températures baissent, faites de l’agroécologie. Si vous voulez que les températures baissent, plantez plus d’arbres, associez les cultures, simplifiez-les, mélangez-les avec de l’élevage, avec les autres formes d’agriculture, ce qui permettra de capter, de capturer les gaz à effet de serre”.
ADE/HB/BK
