Gouvernance, intelligence artificielle et transformation économique. Mouhamadou Madana Kane, docteur en droit international, spécialiste de la finance du développement et dirigeant de banques, déplore l’orientation de la gouvernance sénégalaise vers les dossiers du passé.
Dans une publication sur X vendredi, il oppose cette démarche aux initiatives de modernisation engagées dans plusieurs pays africains, notamment en Côte d’Ivoire, où l’Assemblée nationale a lancé un programme de formation des députés à l’intelligence artificielle.
Pour Mouhamadou Madana Kane, le Sénégal risque de prendre du retard en consacrant une part importante de son énergie à l’examen des affaires anciennes, aux commissions d’enquête parlementaires et aux questions liées à la dette.
« Il y a un temps pour revivre le passé… et un temps pour construire l’avenir », rappelle-t-il, estimant que, depuis plus de deux ans, la gouvernance sénégalaise demeure largement tournée vers les événements antérieurs.
S’il reconnaît l’utilité du travail de vérification et d’audit, il met en garde contre une démarche qui deviendrait exclusive. « Un pays qui consacre toute son énergie à auditer ou à revivre le passé se met en retrait de la marche du monde », avertit-il.
En guise de comparaison, le chercheur cite le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie et le Burkina Faso, qu’il présente comme des pays engagés dans une dynamique de transformation pour mieux affronter les défis de demain.
À travers l’exemple ivoirien de la formation des parlementaires à l’intelligence artificielle, Mouhamadou Madana Kane invite ainsi les autorités sénégalaises à accorder davantage de place à l’innovation, à la modernisation des institutions et à la préparation de l’avenir.
Son message se veut un appel au sursaut : « Réveillons-nous pendant qu’il est encore temps. Le monde ne nous attend pas. »
