À Tribeca, le ministre a visité un forage situé à environ 15 mètres sous le niveau du sol.
Pour renforcer l’approvisionnement, le gouvernement veut mobiliser de nouveaux forages, accélérer les transferts d’eau et débloquer plus de Rs 700 millions.
Le gouvernement veut réquisitionner 15 à 20 forages supplémentaires pour renforcer l’approvisionnement en eau, alors que la contribution de Mare-aux-Vacoas à la station de traitement de La Marie est tombée d’environ 110 000 à moins de 50 000 mètres cubes par jour. Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, espère que les premières connexions pourront être réalisées sous 15 à 20 jours.
« La situation ne s’améliore pas », a-t-il indiqué en substance, le samedi 24 octobre 2026, lors d’une visite de terrain à Tribeca, Côte-d’Or et Valentina. Face à la baisse des ressources disponibles, la Central Water Authority (CWA) cherche à mobiliser des forages existants, notamment sur des propriétés privées, pour renforcer le réseau et soulager les régions les plus touchées.
Une première opération porte sur quatre forages, qui devraient fournir plus de 10 000 mètres cubes d’eau par jour. À Côte-d’Or, un forage réquisitionné auprès de Landscope fournit 1,2 million de litres par jour à Côte-d’Or, Saint-Pierre et Helvétia. Cet apport doit renforcer l’approvisionnement de ces localités et alléger la pression sur le réseau alimenté par la station de traitement de La Marie.
À Valentina, un forage opérationnel depuis le 19 octobre peut produire 4 840 mètres cubes par jour, soit 4,84 millions de litres. Il doit contribuer à l’approvisionnement de Phoenix, de Midlands et d’autres régions desservies par le réseau. À Tribeca, le ministre a visité un forage situé à environ 15 mètres sous le niveau du sol.
Pour élargir cette mobilisation, Patrick Assirvaden a demandé à la Water Resources Unit de lui remettre, lundi, une liste de 15 à 20 autres forages susceptibles d’être réquisitionnés et raccordés au réseau. La CWA doit encore déterminer comment répartir précisément les volumes disponibles entre les différentes régions. Le raccordement de nouveaux sites dépendra notamment des débits disponibles et de la faisabilité technique des connexions.
Problèmes de distribution
L’augmentation des ressources ne suffit toutefois pas à résoudre les problèmes de distribution dans toutes les régions. À Floréal et autour de Curepipe, notamment dans les hauteurs, la baisse des volumes et le manque de pression empêchent encore l’eau d’atteindre certains foyers.
Des camions-citernes sont mobilisés et des réservoirs équipés de robinets ont été installés à certains endroits. Des familles pourraient donc devoir continuer à dépendre de ces solutions d’urgence.
En parallèle, le gouvernement mise sur deux transferts pour renforcer les ressources disponibles à Mare-aux-Vacoas. Des essais ont déjà été réalisés pour acheminer de l’eau de Mare Longue vers le réservoir. D’autres vérifications doivent permettre d’évaluer les conditions nécessaires à l’opération. Patrick Assirvaden espère que le transfert pourra débuter dès la semaine prochaine, sous réserve des résultats techniques.
Un second projet prévoit un transfert depuis Tamarin Falls vers Mare-aux-Vacoas. Les travaux préparatoires, dont l’installation de conduites et d’équipements nécessaires à l’acheminement de l’eau, sont en cours. Le délai estimé est d’un mois à un mois et demi.
Pour accélérer ces projets, le ministre a sollicité plus de Rs 700 millions auprès du ministère des Finances et du Premier ministre. Cette enveloppe doit permettre de faire avancer des projets initialement inscrits dans une planification à plus long terme.
Les forages et les transferts d’eau ne suffiront pas, à eux seuls, à prémunir le pays contre de futures sécheresses. Patrick Assirvaden évoque donc le dessalement de l’eau de mer comme une piste à examiner à long terme. Face à l’incertitude climatique et à la difficulté de prévoir la quantité et la répartition des précipitations, il estime que Maurice doit diversifier ses sources d’approvisionnement, à l’instar d’autres pays confrontés à des contraintes hydriques.
La réduction des pertes sur le réseau constitue un autre chantier. Les travaux sont engagés, mais nécessitent du temps et des investissements. L’objectif est de mieux utiliser l’eau déjà produite, tout en développant de nouvelles ressources.
Le ministre s’est dit satisfait du rythme de travail de la CWA, estimant que les échéances fixées lors des réunions de crise ont été respectées. Il prévient toutefois que les mesures en cours ne résoudront pas les difficultés du jour au lendemain. Dans l’immédiat, la priorité reste de renforcer l’approvisionnement des régions les plus touchées.
