Comment faire en sorte que la croissance améliore concrètement la vie des Sénégalais ? Le président de DEFAR, le Pr Seydina Omar Ba, appelle à revoir les priorités nationales et à placer le bien-être des populations au cœur du développement du Sénégal.
Il estime que les ressources du pays n’ont pas suffisamment été transformées en progrès social depuis l’indépendance. À ses yeux, les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko s’ajoutent aux difficultés quotidiennes de nombreuses familles. Le Pr Seydina Omar Ba a aussi critiqué des politiques qui, selon lui, ont privilégié la construction du pays sans accorder assez de place aux besoins des citoyens. EMedia rapporte cet appel à repenser le modèle de développement.
Cette réflexion sur les priorités nationales rejoint une question plus large : quel rôle les intellectuels doivent-ils jouer dans les débats qui traversent le pays ? Après la publication, en juillet 2025, de son ouvrage Appel à l’Unité pour le Changement et l’Innovation, Mamadou Moustapha Sène défend avec constance l’idée que le savoir doit servir la société et contribuer à sa transformation. Interrogeant la place des intellectuels dans la divergence entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, il met en garde contre le risque de voir les passions prendre le pas sur l’analyse : « La pire trahison de l’intellectuel est de mettre son savoir au service des passions plutôt qu’au service de la vérité. »
Le projet de Seydina Omar Ba défend un accès à une éducation de qualité pour les enfants, quel que soit leur lieu de naissance, ainsi qu’une meilleure reconnaissance du travail des femmes. Il appelle aussi à créer des possibilités pour les jeunes confrontés au chômage ou à l’émigration. Dans les zones rurales, il cite les difficultés d’approvisionnement en eau à Salémata, Khossanto, Touba Pégou et Kessanofa, et demande une meilleure mobilisation des ressources hydriques.
L’agriculture figure également parmi ses priorités. Le président de DEFAR souhaite réorganiser la production et renforcer la place du mil, du niébé et du maïs afin de soutenir la souveraineté alimentaire et les revenus des producteurs. Sur la santé, il évoque le manque de moyens des établissements, les limites des plateaux techniques et les besoins en personnel soignant. Il défend enfin une réforme de l’éducation mieux adaptée aux réalités du pays et aux métiers utiles au développement national.
Né à Touba Pégou, dans la région de Thiès, Seydina Omar Ba a raconté que son village a été électrifié en 2001 grâce à la coopération japonaise.
