SENEGAL–ENVIRONNEMENT–ALIMENTATION
Rao (Saint-Louis), 23 oct (APS) – Trois Groupements d’intérêt économique (GIE) de femmes de la commune de Gandon, dans la région de Saint-Louis (nord), ont entrepris d’aménager un jardin nutritif aménagé dans la forêt classée de Rao, dans le cadre d’un projet visant à contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté.
“C’est un projet de petite Muraille verte à Saint-Louis, lancé en février 2025 avec l’appui du Centre national de recherche forestière (CNRF), qui avait permis de planter 500 000 arbres en septembre 2025. Depuis cette date, nous réfléchissons à l’intégration d’une composante consacrée au jardin nutritif au profit des femmes”, a expliqué Sana Diop, directrice pays de l’ONG Tree Aid au Sénégal.
Elle intervenait lors d’une session de formation organisée à l’intention d’une soixantaine de femmes membres des GIE concernées, en vue de renforcer leurs capacités techniques, nutritionnelles et entrepreneuriales pour la gestion performante de ce jardin nutritif.
La formation, déroulée mardi et mercredi à Rao, une localité située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Louis, a été clôturée par un atelier de capitalisation, jeudi.
Le jardin nutritif en question a pour vocation première d’améliorer la qualité nutritionnelle des communautés grâce à la valorisation du moringa et du baobab, dont les vertus nutritionnelles sont bien connues, a expliqué Sana Diop, la directrice pays de l’ONG Tree Aid au Sénégal.
Tree Aid Sénégal est une ONG internationale qui aide les communautés de la région du Sahel à lutter contre la pauvreté et les effets du changement climatique en plantant des arbres, en restaurant les terres dégradées et en développant des sources de revenus durables.
Selon Mme Diop, les femmes engagées dans l’aménagement de ce jardin pourront également intégrer dans leurs activités d’autres produits maraîchers.
Pour la directrice pays de l’ONG Tree Aid au Sénégal, ce projet ambitionne, à terme, de contribuer à l’autonomisation des femmes.

Dans un souci de garantir la pérennité de cette initiative, les promoteurs de cette initiative jugent important de doter les femmes bénéficiaires de compétences techniques (agroforesterie), sanitaires (nutrition) et économique (entrepreneurial).
Cette formation s’inscrit dans le cadre d’un partenariat tripartite entre la direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des sols (DEFCCS), l’ONG Tree Aid et l’inspection régionale des Eaux et Forêts (IREF).
Le contenu de la formation a été structuré autour de deux modules portant sur la maîtrise des techniques de production de plants (moringa et baobab) et les connaissances nutritionnelles et pratiques culinaires du moringa et du baobab.
Au cours d’une séance pratique axée sur les applications concrètes, les participantes ont été sensibilisées aux valeurs nutritionnelles de la pulpe de pain de singe et de la poudre de moringa.
Le capitaine Abdou Ndiaye, adjoint au chef d’inspection régionale des Eaux et Forêts de Saint-Louis, a signalé qu’une parcelle a été trouvée à l’intérieur de la forêt classée pour la production de ces deux espèces.

Pour l’adjointe au maire de la commune de Gandon, Aminata Sow, ce projet illustre parfaitement le rôle que les femmes peuvent jouer dans le développement de leur pays.
La présidente du groupement Jappal Ma Japp de Guinaw Rails Rao, Maguette Sall, a pour sa part insisté sur les vertus nutritionnelles, et même médicinales, du moringa et du baobab.
Elle dit avoir beaucoup appris de cette session de formation, citant les techniques de plantation mais les vertus nutritionnelles des produits.
La présidente du groupement des femmes de Keur Abdou Dia, Aminata Dia, a abondé dans le même sens, se réjouissant des connaissances acquises à travers cette formation.
Elle a lancé ainsi un appel à l’endroit des initiateurs pour la mise en place d’un plan suivi et accompagnement.
Une visite de la mise en défense de Rao, qui abrite le site du jardin nutrutif en question, a clôturé cette session de formation.
CGD/AMD/ADL/BK
